Un soir d’hiver…

Il est tard. Déjà 20h, et il sort juste du travail. Ingénieur réseau… le meilleur métier du monde! Surtout quand on fini à cette heure le Vendredi soir à cause d’un plantage de connexion. « Merci le stagiaire qui a tapé dans la box avec sa chaise de bureau comme un éléphant! » Enfin, personne ne l’attend de toute façon…

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Il fait froid! Il sert son écharpe bleue contre son cou endolori par une angine persistante. Sa respiration embue ses petites lunettes qui lui donnent un air intello-cadre, en accord avec son crâne rasé et sa chemise bleue claire. Ha ça il le sait, il n’a jamais été un tombeur. C’est pas son genre de toute façon. Les femmes, c’est trop compliqué pour lui. Trop de vernis qui puent le cancer, trop de cheveux dans le visage, trop de rouge à lèvres à la graisse de baleine et cochenilles… Trop indécises et capricieuses surtout.

Ses pensées l’élancent comme son pas dans les rues de la grande ville. Les pavés sont humides et reflètent les lumières des décorations communales installées pour les fêtes de fin d’année. « Encore des milliers de dépenses pour pas grand chose… » songe-t-il. Cette période de l’année le déprime. A quoi cela sert-il de fêter Noël, de se souhaiter une bonne année, quand la moitié de son entourage n’en a rien à foutre pendant 364 jours? Ne parlons pas des collègues! Pierre-Edouard veut sa place, c’est aussi net que sa vision des building au fond de la rue. L’année à venir s’annonce compliqu…

Sursaut!

Une branche frôla son front. La petite espiègle a lutté contre la dictature du paysagiste urbain. Surpris, il s’est arrêté pour la regarder, cette branche. Elle est mince comme un câble usb. « Merde Guillaume t’es vraiment un gros geek! » Des gouttes perlent à ses petites extrémités. Selon l’angle où il les regarde, il arrive à distinguer le reflet miniature de la rue. Les lampadaires, les détails du pilier forgé dont les rondeurs accrochent les lumières, les mouvements des passants qui flânent en profitant de leur première soirée de weekend. Quelques notes vertes rappellent que les feuilles ne sont pas encore toutes tombées.

Prit à contempler ces petites gouttes de poésie, Guillaume  s’installe quelques minutes sur le banc qui se trouve juste devant lui. Le visage toujours tourné vers les branches, il s’est surpris à sourire et à oublier ses soucis du travail. Posant les yeux sur la scène des passants qui se déroule à ses pieds, il se demande alors pourquoi il était aussi aigri ses derniers temps. Soulagé des ses idées noires, il resta un moment à admirer la rue et commença à vraiment profiter de son weekend.

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2 réflexions sur “Un soir d’hiver…

  1. Elle est chouette ton âme d’écrivain 🙂 Petite j’écrivais plein de poèmes et j’adorais ça. Maintenant je préfère lire :p Et te lire est un plaisir !

    VV

    Aimé par 1 personne

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