Une histoire de petits

Il est 7h00. Le soleil d’été brille déjà depuis un moment dans la maison. Tous deux s’étaient levés tôt pour l’accompagner dans ses tâches de la journée. C’est important aujourd’hui! Ils veulent vraiment voir comment on fait « des bébés légumes ». Impatients, ils avaient sauté du lit où ils dormaient tête bêche pour se précipiter dans la cuisine où un petit déjeuner les attendait. Tous deux ont mangé à la va-vite voulant absolument ne rien louper. Quand il passa à côté d’eux et prit son opinel posé sur la table pour le mettre dans sa poche, ils savaient que c’était le moment.

« Ouiiiii, c’est parti! » s’exclame Jules.

Tous les trois s’avancent vers la véranda qui les sépare du jardin. La chaleur qui y est enfermée leur donne une sensation de bien être. Rendus dehors, tous trois se dirigèrent vers le garage qui sert aussi d’établi. Les graines et les outils sont stockées là-bas. Un court aller-retour plus tard, ils sont à présent devant un rang de terre fraichement retournée de la veille. Il donna une graine à chacun:

« Vous voyez cette petite chose que vous tenez dans vos mains? C’est une graine de salade. Si vous la mettez dans le sol et que vous arrosez de temps en temps, elle va grandir et devenir une grande salade comme celle que vous avez mangé des fois.

– Tu veux dire grande comme ça? dis Jules en écartant les bras autant comme il pu.

– Presque, répondit-il avec le sourire.

– Mais pour la manger… ça veut dire que tu la tues Papy? s’inquiéta le petit garçon, les yeux soudain ronds.

– Oui… c’est pour ça qu’il y a de la sève qui coule du pied quand tu la coupes. C’est le sang de la salade.

– Mais elle doit avoir mal!?

– C’est pour ça qu’il ne faut pas toutes les couper d’un coup et ne prendre que ce dont on a besoin. Et qu’il faut finir son assiette. Sinon elle sera morte pour rien. « 

Le petit garçon était ébahi par l’histoire que venait de lui raconter son grand père. C’était un homme grand et à l’ossature solide. Ses yeux bleus étaient à la fois perçant tant ils devinaient chaque secret du garçon et plein de tendresse. Pour Jules, c’était comme s’il était son père. Il lui avait appris à faire du vélo, le nom des différents oiseaux qui volent au-dessus du bois au fond du jardin. Et maintenant il lui apprenait qu’une salade est un être vivant tout comme lui. Tous deux se mirent alors à planter, tandis que Violette se montrait plus intéressée par les fleurs d’à côté. Elle remarqua au bout d’un pétale de fleur, une petite fourmis qui s’attaquait à une goutte d’eau. La petite fille se pencha sur la fleur, accroupie sur le sol terreux, pour l’observer le plus près possible.

***

De l’eau. Enfin de l’eau. Elle espérait depuis trop longtemps en trouver avec cette chaleur. La nuit avait été étouffante et peu de rosée c’était déposée sur les herbes au matin. Depuis qu’il y avait assez de lumière pour se déplacer, elle était partie à une grande distance de la fourmilière en quête de ce précieux liquide qui était nécessaire à sa survie et à celle de ses congénères. Il faut qu’elle en ramène le plus possible, d’autant plus que le monde est hostile, surtout lors des périodes comme celles-ci. A chaque fois qu’il y a les grandes chaleurs, des êtres gigantesques détruisent les sols en creusant des abysses qu’il faut escalader sans cesse, sans parler de la quantité et diversité d’animaux qui grouillent partout. Certes, elle est rapide, vive et infatigable, mais tout de même… A ces moment là plusieurs de ses congénères disparaissent ou souffrent du manque d’eau.

Elle s’attèle alors à la tâche, en bonne ouvrière porteuse d’eau, en aspirant autant comme elle pouvait. Concentrée sur sa tâche telle une machine programmée, elle ne pu s’empêcher de se sentir tout de même observer. Sa vision ne lui permettait pas de distinguer clairement ce qui était présent autour d’elle, mais elle sentait que c’était énorme. Beaucoup plus grand qu’elle, dangereux. Pourtant elle ne sentait pas de mouvement, pas de pression hormis celle d’être vu, analysée.

« Papy viens voir! Y a une fourmis sur les fleurs de Mamy qui mange une goutte d’eau! »

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2 réflexions sur “Une histoire de petits

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