Partir

Il y a un moment où il faut savoir partir. Savoir rester humble et arrêter de lutter. Il n’est jamais trop bon d’être borné, surtout quand certaines choses nous dépassent.

Et pourtant, il s’accroche. Il s’accroche ou plutôt il s’accrochait. Jamais il ne perdrait, jamais. Toujours espérer, se démener, et dire haut et fort que « tout ira bien ». Pourtant personne ne croyait en lui quand ils ont su. A l’annonce de la nouvelle, les regards furent ronds, incompréhensifs, inquiets, douteux. Comment est-ce possible? Tu n’y arriveras jamais… Chacun avait sa douce parole peu réconfortante quant à son taux de réussite de cette idée.

Cela fait neuf mois. Neuf mois qu’il lutte. Jour et nuit. Chaque pensée est dirigée vers son objectif. Et jour et nuit, il s’épuise de plus en plus. N’y arrivant pas, chaque réveil est de plus en plus difficile. Chaque geste est plus lourd. Chaque pensée est plus lente, plus cloisonnée. « Est ce que cela sert à quelque chose ? Et s’ils avaient raison ? ».

Alors il a commencé à lâcher prise. A abandonner…

Et c’est là que tous sont venus vers lui.

– Mais tu dis n’importe quoi ! Ca va aller. Tu vas y arriver, hein?!

Tiens ! Les rôles s’inversent. Pourquoi quand il voulait se battre personne ne le soutenait ou timidement, et maintenant qu’il n’en peut plus de lutter contre le vent, tout le monde lui demande de s’accrocher, de rester.

« Je veux partir »

Difficile à entendre… vouloir partir. Non… Non. Jamais !  On ne part pas comme ça, de son bon vouloir. On claque la porte et c’est fini. Non. Et nous alors ? Nous. Comme s’il y avait un Nous dans la souffrance. Dans la solitude. Savent-ils ce que c’est que de lutter jour et nuit, nuit et jour ? Il peut partir, partir maintenant, tranquillement. Il sait qu’il peut. Il suffit qu’elle décide. Qu’elle lui donne ce dont il a besoin, et puis il s’en ira. Tout simplement. Seulement aujourd’hui, elle ne veut pas. Elle… elle préfère le voir souffrir, encore et encore et encore et à l’infini. Le voir faire des crises de panique, de douleur à en perdre le sens. Juste par ce que souffrir c’est être en vie.

A quoi bon… Elle souffre aussi. Mais elle préfère ça plutôt que de le laisser et arrêter le chantier. Il l’a pourtant demandé. Et d’en parler chacun se dit que « si un jour ça m’arrive, je veux pas finir comme ça ». Et arrivé au bout du compte, chacun s’accroche. Et quand on ne s’accroche plus, se sont les autres qui nous agrippent.

Souffrance… jusqu’à ce que le coeur dise stop. Que la respiration doucement s’arrête, devant la douleur de celle qui l’a aimé jusqu’à la fin, et qui criera son nom jusqu’à n’en plus pouvoir dans les larmes et la solitude.

Mais au moins, lui, ne souffrira plus.

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